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mercredi 18 mars 2015

Mario Campaña, Equateur




qui voudra lever la main
ou élever la voix
qu’auparavant il lève les yeux vers le ciel
et se soumette aux nuages,
à la frange argentée
qui ennoblit l’horizon
dans sa partie la plus basse ;

qui voudra tant nous parler
qu’il dépose tout et abandonne
d’un bout à l’autre son empire,
sa maison sa cruche sa parure;

que parle seulement celui qui n’a rien
ou qui ne voudra pas,
celui qui ne pourra pas revenir ;

que parle seulement celui qui est nu,
et que ce soit lui qui remette une offrande
dans les mains de ceux qui commencent à vivre.


Quand tu reviendras
après avoir erré jour et nuit
sous des astres silencieux
et t’être étendu sur des lits inconnus
imaginant
le sinistre paysage de l’éternité,
et quand tu regretteras encore une fugitive révélation
une fleur étrange,

vénale et faible tu trouveras ta trace,
éteinte par la force des choses.

Aïe ! de ton corps et de ton esprit
maintenant fait d’une matière inconnue
mystérieusement plus grande que toi


Extrait du livre:
Dans le prochain monde / En el próximo mundo
de Mario Campaña (Equateur) / Traduction Max Alhau
[ISBN 978-2-917290-35-4 / 136 pages, 10 euros / 2013]

Mario Campaña sera en résidence à la villa Marguerite Yourcenar en mars et avril 2015

dimanche 24 novembre 2013

Mario Campaña et Yekta à la MAL





Mario Campaña est né en 1959 à Guayaquil (Equateur), il a vécu au Mexique, en Ecosse, en France et aux Etats-Unis. Il habite depuis 1992 à Barcelone où il dirige la revue Guaraguao. Il a publié sept livres de poésie dont Cuadernos de Godric, Días largos, Aires de Ellicott City, En el proximo mundo, les biographies de Quevedo et Baudelaire (Juego sin triunfos), des essais (Necesidad de América, Linaje de malditos, de Sade a Jim Morrison), des nouvelles (Avant ils arrivaient en train, MEET), une anthologie de poètes latino-américaines d’aujourd’hui (Casa de luciérnagas) et traduit en espagnol Pour un tombeau d’Anatole de Stéphane Mallarmé. L'Oreille du Loup a publié en 2007 Demeure lointaine et en 2013 Dans le prochain monde, traduits par Max Alhau.



DANS LE PROCHAIN MONDE
1
Sans éclat, le monde commence, muet.
Un trou calciné.
Un monde crasseux étranger
S’interrogeant sur une renaissance souhaitée et ouverte
L’ample accord dissonant
De la maison qui crépite.

Et seul un animal haletant guette
Dans la rue, la maison, le cœur.
Seul l’étrange sur sa toile
File toujours des fibres neuves,
Avec sa timide avidité, il retranche
Et tâte des endroits rudes, à la croûte rugueuse.

Derrière l’intimité bâtarde, une matière pleine.
Métal translucide qui naît de nuits sans routine
Qu’une chair secrète cuit dans son va et vient.

Et dans ce sein étranger croît le plus rapide des réveils,
L’angoisse d’une âme vagabonde éblouie
Par ces pas ignorés,
Passages inconnus entrouverts.
[...]

jeudi 15 octobre 2009

21 poètes aux Voûtes

21 POÈTES D'ICI ET D'AILLEURS
INVITÉS POUR TROIS SOIRÉES DE LECTURE-PERFORMANCE
JEUDI 29 — VENDREDI 30 — SAMEDI 31 OCTOBRE 2009
ENTRÉE LIBRE
JEUDI 29 OCTOBRE — 20:00
première partie > court métrage
"La salle d’attente" de Sophie Boulanger
&
lecture-performance de Laurence Barrère [France] — Sonia Cotten [Québec] — Lise Lefebvre [France] — Ma Desheng [Chine] — Myriam Montoya [Colombie] — Julia Musté [France] — Jean-Philippe Raîche [Acadie]
+ composition musicale instantanée & projections vidéo
VENDREDI 30 OCTOBRE — 20:00
première partie > projection d’un extrait du récital télévisuel "Comment s’en sortir sans sortir" de et par Ghérasim Luca, en présence du réalisateur Raoul Sangla
&
lecture-performance de Linda Maria Baros [Roumanie] — Claude Ber [France] — Mario Campaña [Equateur] — Stéphane Chaumet [France] — Jérôme Nicolle [France] — Jean Portante [Luxembourg] — Yekta [France]
+ composition musicale instantanée & projections vidéo
SAMEDI 31 OCTOBRE — 20:00
première partie > spectacle
"Les an@rs envoûtés" des Frères Echterbille [Belgique]
&
lecture-performance de Eric Brogniet [Belgique] — Tsjêbbe Hettinga [Pays- Bas] — Peter Holvoet Hanssen [Belgique] — Damien Spleeters [Belgique] — Vincent Tholomé [Belgique] — Christian Uetz [Suisse] — Laurence Vielle [Belgique]+ composition musicale instantanée & projections vidéo

composition musicale instantanée
T.V.La.S.Un.Or. & Thomas Fernier
projections video
Anne-Sophie Terrillon & Christophe Ackerexposition photographique
Aurélie Derhee


LES VOÛTES19 rue des Frigos 75013 Paris
Métro: Bibliothèque François Mitterrand
Quai de la Gare

lundi 14 janvier 2008

L’Oreille du Loup sera présent au Salon international du livre de Paris du 14 au 19 mars 2008, sur le stand de la Région Ile de France

avec Tsjêbbe Hettinga (Pays-Bas) pour De mer et d'au-delà
Christian Uetz (Suisse) pour Constellation en fugue
José Angel Leyva (Mexique) pour Catulle en exil
Stéphane Chaumet (France) pour Urbaines miniatures
aux éditions L'Oreille du Loup


Nos prochaines rencontres:Le vendredi 9 novembre 2007 à 18h30 à la Maison de l'Amérique Latine:
Avec la participation de l’ambassade du Venezuela à Paris
et les éditions El Perro y la Rana (Caracas)
lectures bilingues avec les poètes : Amina Saïd, Myriam Montoya, François Migeot, Stéphane Chaumet
En compagnie de la guitariste Elodie Bouny
Le 24 janvier 2008 à 19h00 au Pen Club de Paris:Lectures bilingues des poètes Mario Campaña, Stéphane Chaumet et Eduardo Garcia Aguilar

Le 1er février 2008 à 18h30 à la La Maison de l'Amérique Latine:
Avec la participation de l'ambassade de l'Equateur à Paris
Lectures bilingues des poètes Mario Campaña, Stéphane Chaumet et Eduardo Garcia Aguilar
Sur des manipulations sonores improvisées au violoncelle par Jean-Marc Wadel

***





A écouter:
Eduardo Garcia Aguilar, entretien sur RFI



A lire:
Stéphane Chaumet, dans la revue mexicaine Alforja

Sur le livre de Mario Campaña (en espagnol)

mercredi 17 octobre 2007

Demeure Lointaine


Chacun meurt en sa bataille
Et tous dans la même, labourant
Le champ erroné, ennemi et intime
À la fin :

Puisque le poisson meurt dans l’eau
Pas dans l’air
Qu’il arrive qu’un pauvre soleil se pende avec une corde d’air
Tout oiseau meurt de son chant
Il chante son harmonie l’étrangle
La mouche luit du miroitement mordoré de ses ailes
Masquant son émeraude obscure.


*


La fumée gomme les regards dans la nuit chaude.


J’ai un trou dans la poitrine
Qui résonne et façonne comme au tour de potier
La masse informe des os qui ont grandi avec moi.

Ce pourrait être une marche de prestidigitateurs nocturnes
D’êtres qui n’existent que pour l’oubli
Comme le chasseur change d’affût pour leurrer son gibier.

Un jour un ami dit
Qu’il fallait dresser des barricades dans le ciel
Mais qu’il y aurait alors à prévoir sa vengeance
Cultiver une plante qui détienne en son germe
Une fleur d’air, dont la vie, infiniment ouverte
Enseigne à tous ses plus secrètes splendeurs.